Thomas Cazenave, candidat de centre-droit à la mairie de Bordeaux, célèbre sa victoire avec ses partisans après le 2e tour des municipales à Bordeaux, le 22 mars 2026 en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )
Après six années de gouvernance écologiste, Bordeaux a retrouvé un maire de centre-droit dimanche avec la victoire du député Renaissance Thomas Cazenave face au sortant Pierre Hurmic, battu de peu comme il l'avait emporté en 2020.
Les yeux embués, la voix un peu étranglée, celui qui passait il y a quelques mois comme le mieux placé des édiles verts pour être réélu a fait une courte allocution à l'Hôtel de ville pour annoncer les résultats après avoir appelé son rival, vainqueur avec 50,95% des voix contre 49,05% au perdant.
"Nous sommes fiers du travail accompli", "soyons dignes dans la défaite", "demain est un autre jour, la vie politique continue", a dit ensuite Pierre Hurmic à ses militants.
Il y a six ans, après avoir siégé dans l'opposition durant un quart de siècle, il avait mis fin à 73 ans de règne de la droite alliée au centre dans cette ville longtemps dirigée par Jacques Chaban-Delmas puis Alain Juppé.
Thomas Cazenave leur a rendu hommage, ainsi qu'à Nicolas Florian, éphémère dauphin battu en 2020 et dont le décès, l'an dernier, avait ouvert la voie à une candidature du macroniste.
"Ce résultat nous oblige. Dès demain nous serons au travail, au service des Bordelaises et des Bordelais et il y a beaucoup de travail", a déclaré le vainqueur.
"Avec la victoire de Bordeaux, c'est une grande victoire aussi pour la métropole, où nous aurons une majorité claire, ambitieuse", a ajouté Thomas Cazenave, qui briguera la présidence de la collectivité, aux mains des socialistes et des écologistes depuis 2020.
Dans l'agglomération, ces derniers ont perdu aussi la ville de Bègles, qu'ils dirigeaient depuis 1989.
- "Syndrome du sortant" -
Pierre Hurmic, allié au PS, au PCF ainsi qu'à Génération.s, Nouvelle Donne et Place publique, avait officialisé sa candidature en janvier, en misant sur son bilan.
"Bordeaux a changé", répétait-il souvent, revendiquant le quasi-doublement du secteur piéton, une baisse du trafic automobile et de la pollution, une "révolution solaire" avec 52 bâtiments municipaux équipés et une autonomie énergétique passée de 3 à 41%, la végétalisation des cours d'école et 70.000 arbres plantés.
"Il n'a pas été très dynamique pendant sa campagne, dans laquelle il est entré tard. Il a peut-être joué un peu en dedans, avec le syndrome du sortant qui pensait pouvoir être réélu en étant le plus discret possible", analyse le politologue Jean Petaux, associé au think thank Spirales Institut.
Parmi ses adversaires du premier tour, l'écologiste a ciblé systématiquement Thomas Cazenave, "prototype du macronisme triomphant puis défaillant", en ménageant sur sa droite le trublion Philippe Dessertine, concurrent du député Renaissance, et en refusant sur sa gauche de s'allier avec LFI.
En tête du premier tour avec 27,68% des voix, l'ancien avocat âgé de 70 ans a longtemps cru à une triangulaire confortable mais le retrait inattendu de Philippe Dessertine a transformé le second tour en duel incertain contre l'ex-ministre des Comptes publics.
- "Une première" pour Renaissance -
Thomas Cazenave, lui, a bataillé jusqu'en décembre avec la présidente du Parti radical, Nathalie Delattre, pour s'imposer à la tête d'une liste soutenue par tous les partis de la droite et du centre, avant d'être concurrencé par Philippe Dessertine dans l'électorat traditionnel de la droite bordelaise.
Thomas Cazenave, candidat de centre-droit à la mairie de Bordeaux, célèbre sa victoire avec ses partisans après le 2e tour des municipales à Bordeaux, le 22 mars 2026 en Gironde ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )
"Un maire Renaissance à la tête d'une capitale régionale, c'est une première, c'est une immense victoire pour nos idées et nos valeurs", a salué le secrétaire général du parti, Gabriel Attal, qui était venu soutenir le candidat à Bordeaux et aurait orchestré les manoeuvres, selon plusieurs sources, pour obtenir le retrait de Philippe Dessertine.
Comme lui, Thomas Cazenave a promis d'armer toute la police municipale - et non une partie comme l'a fait Pierre Hurmic -, de rétablir l'éclairage public la nuit et de rénover les trottoirs.
Le programme du nouveau maire prévoit aussi de convertir des bureaux vacants en logements, d'aider les commerces, de créer une passerelle sur la Garonne pour les vélos et piétons, ou d'organiser des jeux olympiques entre quartiers.
Le tout sans augmenter les impôts. "Il est vraiment phénoménal", scandait un cortège de militants dimanche soir dans les rues de la ville derrière leur champion.

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